Vurt

Couverture de 1993

 

< Extra Content >

« J’ai passé un bon nombre d’années à essayer de gagner de l’argent en écrivant des pieces de théâtre, sans véritable succès. Alors j’ai postulé à la librairie de Waterstone, à Manchester. Un de mes collègues était un metteur en scène de théâtre d’avant-garde et était toujours en train de me harceler pour que je lui écrive une pièce. Le seul projet que j’ai eu en tête était une adaptation du Jardin des Supplices, d’Octave Mirabeau. C’était un roman anti-autoritarisme écrit en 1899, et je sentais qu’il pouvait être pertinent dans un contexte moderne. Dans les mêmes années venaient des Etats-Unis les premiers rapports des développements de nouvelles technologies dont la réalité virtuelle, notamment dans le magazine Mondo2000. je suis arrivé avec l’idée que le Jardin des Supplices dans le roman pouvait être représenté par un monde virtuel – le seul problème étant que le livre n’avait pas vraiment de récit, mais plutôt une série d’images. J’ai donc ajouté une histoire, à propos d’un homme perdant sa sœur dans ce Jardin des Supplices virtuel et qui rejoindrait ce monde pour la sauver. J’avais écrit quasiment la moitié de la pièce quand le metteur en scène a saisi l’opportunité de travailler à Hong Kong. J’étais donc abandonné avec la moitié d’une pièce de théâtre.

Couverture édition 1996

Quelques semaines plus tard, une autre personne à la librairie décida de monter une petite maison d’édition dénommée Ringpull Press. Il aimait mes pièces, et m’invita à essayer d’écrire un roman. J’ai répondu par l’affirmative et ai commencé à écrire Vurt. Et très naturellement, j’ai récupéré l’histoire que j’avais ajouté au Jardin des Supplices qui m’a servi de point de départ. Le reste poussa organiquement à partir de cette graine.

Je me revois en train d’écrire le passage où les héros sont en dessous de la maison des chiens, courant à travers le lac de crottes, et en train de penser « Mais merde pourquoi je leur fais subir ça ? ». Ça m’a rappelé la scène dans le premier film Star Wars, où ils sont piégés dans les égouts de l’Etoile Noire, et ça me fait encore penser à d’autre connexions à Star Wars. Ils leur ressemblent tellement, cela m’évoque le Héros aux Milles et Un Visages de Joseph Campbell, dont Georges Lucas s’est servi pour le début de son film. Le livre étudie tous les mythes du monde entier, dans le but de découvrir l’ultime récit. J’ai lu ce livre quelques années avant, et il m’est paru évident d’avoir utilisé la même structure dans Vurt. Je n’irai pas plus loin, parce que je pense que les lecteurs veulent peut-être aussi découvrir les parallèles avec des œuvres et faits existants par eux-mêmes. »

 Jeff Noon (Source : Metamorphiction)